L'ESB
(Encéphalopathie Spongiforme Bovine) est une maladie transmissible
affectant le cerveau des bovins et caractérisée
par une dégénérescence spongiforme du système
nerveux central. Cette classe de maladies (appelée ESST
: Encéphalopathies Subaiguës spongiforme transmissibles)
regroupe la maladie de Creutzfeldt-Jakob, la maladie de Kuru,
la maladie de GSS, la maladie de l’insomnie fatale familiale
mais également la tremblante du mouton, diverses formes
ESSTs chez les cervidés, chez les félins …

Les
signes cliniques typiques de l’ESB chez l’animal
sont : un comportement anormal, une extrême sensibilité,
des perturbations du système nerveux moteur. Dans la
cervelle de bovins infectés, une protéine spécifique
présente uniquement dans les cas d’ESB ou « maladie
de la vache folle » peut être détectée
. Cette protéine, qui est nommée PrPRES, est
une forme modifiée de la protéine prion normalement
présente dans les cellules nerveuses, PrPc. La PrPRES
est soit l’agent transmissible de l'ESB, soit une partie
de l'agent infectieux.
Comment
se transmet l’ESB dans les élevages ?
La
propagation vertigineuse de l'ESB en Grande Bretagne semble
en grande partie due à l'utilisation dans
l'alimentation des bovins de farines animales contaminées.
Les scientifiques estiment que les prions pathogènes se
retrouvent pour l'essentiel dans le système nerveux central
et dans les organes lymphatiques. Malgré l'interdiction
des farines animales dans les aliments des bovins depuis 1996,
on découvre désormais des cas d'ESB sur des animaux
nés après 1996 et qui n'auraient jamais dû être
alimentés avec des farines animales (cas dits ‘Super
Naifs, actuellement 20 cas en France). Ceci permet d’évoquer
l'existence d'autres voies de transmission (telle la voie materno-fœtale)
de cette maladie à prions, bien que jusqu’à présent
il n’a pas été démontré avec
certitude que les bovins atteints nés après 1996
n’aient pas consommé de farines animales, même
en faible quantité. Compte-tenu de ces incertitudes, il
est nécessaire de connaître le statut vis-à-vis
de l’ESB des bovins abattus, avant que leur viande ne rentre
dans la chaîne alimentaire humaine.
Quelles
ont été les mesures prises en France pour
protéger les consommateurs ?
L’interdiction totale en Europe d’utilisation
des farines de viande et d’os dans l’alimentation
des animaux d’élevage garantit, dans l’état
actuel des connaissances, la propagation massive de l’ESB
entre animaux. Les mesures mises en place en France pour éviter
toute transmission à l’Homme sont actuellement les
plus sûres et les plus efficaces en Europe. En effet, malgré la
levée européenne de l’embargo sur les produits
bovins britanniques (01/08/2001), à la suite d’un
rapport émis par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire
des Aliments (AFSSA), la France n’a pas rompu son isolement
vis-à-vis de la viande bovine britannique. La liste des « matériels à risque
spécifiés » a été mise à jour à plusieurs
reprises et s’allonge à chaque nouvel avis de l’AFSSA
indiquant une possibilité d’infectiosité d’un
matériel bovin donné. Depuis le 2 janvier 2001,
tous les bovins abattus en France de plus de 30 mois (plus de
24 mois à partir du 25 juillet 2001) ne peuvent entrer
dans la chaîne alimentaire humaine qu’après
avoir été préalablement testés négatifs
avec un test de détection rapide tel que le “Prionics-Check".
Il est ainsi possible d'écarter de la chaîne alimentaire,
non seulement les animaux visiblement malades, mais aussi des
bovins sans symptômes, ainsi que des bovins infectieux.
La viande de bœuf commercialisée en France mais également
en Allemagne, Hollande ou au Danemark pourrait ainsi dès
maintenant porter le label « viande bovine ESB négative ».
En
tant que consommateur, vous devez exiger une viande bovine
d’origine française car c'est la garantie qu'elle
ait été testée préalablement à la
consommation.